Né à Annecy le 8 mai 1950 et élevé entre Manigod et La Clusaz, Marc Veyrat a fait de la montagne bien davantage qu’un décor : elle est devenue la matière première de son parcours culinaire. Dans la ferme familiale, où l’on vivait au rythme des saisons, les produits venaient du territoire et les plantes sauvages se découvraient au fil des chemins. Cette enfance a façonné une cuisine savoyarde singulière, guidée par la cueillette, la mémoire des gestes paysans et une curiosité sans cesse renouvelée.
À 28 ans, en 1978, il ouvre avec son épouse La Croix Fry, à Manigod. D’autres tables suivront, de l’Auberge de l’Eridan à La Maison des Bois, avec une ambition constante : faire entrer les parfums des alpages et des sous-bois dans la gastronomie. Son chapeau noir orné d’herbes est devenu emblématique, tout comme sa volonté de ne pas laisser les récompenses définir sa cuisine. En 2026, alors qu’il fête ses 76 ans, son itinéraire continue de susciter l’intérêt, entre adresses historiques, distinctions, controverses et retour revendiqué à une table plus conviviale. Pour qui découvre son univers, le fil est simple : comprendre les lieux, c’est aussi comprendre les plantes et les paysages qui les ont inspirés.
En bref
- Ses racines : une enfance paysanne entre Manigod et La Clusaz, au cœur des Aravis.
- Sa première adresse : La Croix Fry, ouverte à Manigod en 1978.
- Sa signature : les herbes de montagne, les produits locaux et l’alliance du savoir-faire traditionnel avec des techniques modernes.
- Ses tables marquantes : l’Auberge de l’Eridan, La Maison des Bois et La Ferme de mon Père.
- Son actualité : le restaurant Rural, à Megève, incarne un retour à une cuisine savoyarde plus accessible et conviviale.
Marc Veyrat, une enfance savoyarde devenue parcours culinaire
La montagne s’impose très tôt dans la vie du chef. Élevé dans une famille paysanne, il grandit dans un environnement où l’on connaît les ressources du jardin, les produits de la ferme et les changements de saison. Les marches quotidiennes vers l’école deviennent aussi des moments d’observation : les herbes rencontrées en chemin éveillent une curiosité qui nourrira sa cuisine.
Son itinéraire ne passe pas par une formation classique jusqu’à son terme. Après une expérience difficile à l’école hôtelière, il exerce différents métiers liés à la montagne, notamment comme berger et moniteur de ski, avant de revenir aux fourneaux. Cette trajectoire d’autodidacte explique en partie son attachement aux gestes appris sur le terrain : reconnaître une plante, sentir son parfum, puis trouver comment la faire vivre dans une assiette.
Manigod, le berceau de sa première auberge
En 1978, Marc Veyrat ouvre La Croix Fry avec son épouse, à Manigod. Le choix du village relève autant de l’attachement personnel que d’une connaissance concrète du territoire : producteurs, saisons et ressources naturelles sont à proximité. Avant que le circuit court ne devienne une expression courante, cette relation directe aux ingrédients est déjà au cœur de son projet.
La cuisine ne cherche pas à reproduire les codes des grandes tables urbaines. Elle s’appuie sur la mémoire familiale et les produits locaux, tout en laissant une place importante à l’invention. Pour le visiteur qui découvre Manigod, cette première adresse éclaire une idée essentielle : chez Veyrat, le terroir n’est pas un décor, mais le point de départ du goût.
Herbes de montagne et cuisine savoyarde : la signature de Marc Veyrat
Dans les assiettes de Marc Veyrat, les plantes sauvages ne jouent pas un rôle de simple garniture. Elles apportent des arômes, des textures et des nuances qui racontent l’altitude, les sous-bois ou les prairies. La cueillette devient une façon de lire le paysage, à condition de connaître les espèces et de les récolter avec discernement.
Cette approche associe une connaissance attentive du végétal à des techniques parfois très contemporaines. Bouillons, poudres et émulsions peuvent concentrer un parfum ou prolonger la présence d’une plante. La technologie reste alors au service d’une sensation : faire reconnaître, dans une bouchée, quelque chose de vivant et de familier.
Du savoir paysan à la haute gastronomie
Le chef revendique une identité de cuisinier paysan, même lorsque sa cuisine atteint les plus hauts niveaux de la gastronomie. Reblochon, tome, crozets et produits des alpages peuvent être réinterprétés sans perdre leur lien avec la région. Une herbe discrète, parfois ignorée, peut ainsi devenir le cœur aromatique d’un plat plutôt qu’un détail décoratif.
Cette liberté lui vaut une reconnaissance importante, notamment des distinctions au Guide Michelin et au Gault&Millau. Mais son parcours rappelle aussi qu’une récompense ne résume pas une démarche : son influence tient surtout à la place donnée aux plantes sauvages et à la manière dont il a rendu la montagne lisible dans l’assiette.
Les restaurants de Marc Veyrat : de La Croix Fry à La Maison des Bois
Les adresses de Marc Veyrat dessinent une carte de ses différentes périodes. Certaines ont lancé sa carrière, d’autres ont porté sa cuisine vers une reconnaissance internationale ou exprimé son engagement pour une gastronomie plus proche de la nature. Les noms et les établissements ont parfois évolué ; il est donc utile de distinguer les lieux historiques des projets associés à son activité plus récente.
| Adresse | Lieu et période | Ce qu’elle représente |
|---|---|---|
| La Croix Fry | Manigod, à partir de 1978 | La première auberge, ancrée dans les recettes familiales et les produits du territoire. |
| L’Auberge de l’Eridan | Annecy-le-Vieux, à partir du milieu des années 1980 | Une étape décisive dans son ascension gastronomique et l’affirmation de sa cuisine végétale. |
| La Maison de Marc Veyrat | Veyrier-du-Lac, à partir de 1992 | Une grande table au bord du lac d’Annecy, associée à sa consécration. |
| La Ferme de mon Père | Megève, ouverte à la fin des années 1990 | Une adresse au nom évocateur, tournée vers l’esprit de la ferme et l’identité alpine. |
| La Maison des Bois | Manigod, ouverte dans les années 2000 | Un établissement gastronomique au cœur de la forêt, associé à une approche écologique et à une cuisine de cueillette. |
| Rural | Megève, adresse mise en avant en 2026 | Une table à l’esprit convivial, présentée comme un retour à une cuisine savoyarde généreuse et moins cérémonieuse. |
Des adresses gastronomiques à replacer dans leur histoire
L’Auberge de l’Eridan marque une étape importante après les débuts à Manigod. La Maison de Marc Veyrat, à Veyrier-du-Lac, amplifie ensuite sa renommée, tandis que La Maison des Bois le ramène dans les paysages de son enfance. Cette dernière adresse porte une ambition particulière : inscrire une expérience gastronomique dans un environnement forestier, avec une attention forte aux produits et aux ressources naturelles.
La Maison des Bois a également été associée au Hameau de mon Père, projet développé dans la continuité du lieu sous l’impulsion de sa fille Élise Veyrat. La Ferme de mon Père, à Megève, appartient à une autre étape de son histoire et ne doit pas être confondue avec les établissements de Manigod. Pour une visite en 2026, les horaires, l’exploitation et les modalités de réservation de chaque adresse méritent d’être vérifiés directement auprès des établissements.
Marc Veyrat et le Guide Michelin : une relation mouvementée
La carrière du chef est jalonnée de distinctions, mais aussi d’un différend très médiatisé avec le Guide Michelin. En 2019, après la perte d’une étoile pour La Maison des Bois, il conteste publiquement l’évaluation et demande davantage de transparence sur les raisons de la décision. Une controverse autour d’un soufflé et de l’utilisation supposée de cheddar cristallise alors le débat.
La procédure engagée contre le guide n’aboutit pas en sa faveur. L’épisode met toutefois en lumière une tension durable entre l’indépendance revendiquée des critiques et l’attachement d’un chef à l’identité de sa cuisine. Par la suite, Marc Veyrat prend ses distances avec les classements : les étoiles ont marqué son parcours, mais elles ne constituent pas, à ses yeux, l’unique mesure de la valeur d’une table.
Rural à Megève : l’adresse conviviale associée à Marc Veyrat en 2026
En 2026, le nom de Rural est associé à un retour vers une cuisine de montagne plus simple dans son esprit et tournée vers le partage. Le lieu est présenté comme installé dans l’ancienne Auberge de la Côte 2000, à Megève. L’atmosphère recherchée tranche avec le cérémonial des grandes tables : plats généreux, tablées accueillantes et recettes familières revisitées.
Reblochon, gratinée à l’oignon ou volaille à la crème évoquent une cuisine réconfortante, tandis que des associations plus inventives prolongent la curiosité du chef. Ce contraste résume bien son itinéraire : l’ambition gastronomique peut cohabiter avec le plaisir direct d’un plat partagé après une journée en montagne. Avant de s’y rendre, mieux vaut toutefois confirmer l’ouverture et l’offre du moment auprès du restaurant.
Repères pratiques pour découvrir ses adresses
Un parcours consacré à Marc Veyrat peut commencer à Manigod, où l’histoire de La Croix Fry prend tout son sens, puis se prolonger autour du lac d’Annecy et de ses anciennes tables. À Megève, les adresses liées à son nom permettent d’aborder une autre facette de la gastronomie alpine, plus directement tournée vers la convivialité.
- Pour comprendre ses débuts : privilégier Manigod et se renseigner sur l’histoire de La Croix Fry.
- Pour replacer sa consécration : repérer l’Auberge de l’Eridan et La Maison de Marc Veyrat dans la région d’Annecy.
- Pour saisir son lien à la nature : explorer l’histoire de La Maison des Bois et du Hameau de mon Père.
- Pour une expérience à Megève : vérifier les informations récentes concernant Rural et La Ferme de mon Père, deux adresses distinctes.
- Pour goûter les plantes sauvages : demander la composition des plats et privilégier les propositions de saison, qui reflètent le mieux le territoire.
Questions fréquentes sur Marc Veyrat et ses restaurants
Pourquoi Marc Veyrat porte-t-il un chapeau noir ?
Son chapeau est devenu son emblème, souvent orné d’herbes cueillies en montagne. Il rappelle son identité savoyarde et le lien profond entre sa cuisine et la nature.
Quelle est la spécialité de la cuisine de Marc Veyrat ?
Sa cuisine met en avant les herbes de montagne et les plantes sauvages, associées aux produits locaux de Savoie. Il combine traditions paysannes et techniques modernes pour exprimer les parfums du territoire.
Quelles sont les principales adresses gastronomiques de Marc Veyrat ?
Parmi les lieux marquants figurent La Croix Fry à Manigod, l’Auberge de l’Eridan à Annecy-le-Vieux, La Maison de Marc Veyrat à Veyrier-du-Lac, La Ferme de mon Père à Megève et La Maison des Bois à Manigod. Rural est également associé à son activité récente à Megève.
La Maison des Bois et La Ferme de mon Père sont-elles le même restaurant ?
Non. La Maison des Bois est liée à Manigod, tandis que La Ferme de mon Père est une adresse de Megève. Les deux noms renvoient à des lieux et à des étapes distincts du parcours du chef.
Quel âge fête Marc Veyrat en 2026 ?
Né le 8 mai 1950, Marc Veyrat fête ses 76 ans le 8 mai 2026.








